En Alsace, comme partout ailleurs dans le monde, les Chrétiens célèbrent le 25 décembre la naissance de Jésus à Bethléem, en Judée ; Noël vient latin Natalis, qui veut dire naissance.

Noël est avant tout une fête de famille. Repas, partage, et cadeaux rythment le réveillon du 24. Pour les plus petits, les présents les attendront sous le sapin le matin du 25… Mais Noël n’a pas toujours été fêté comme aujourd’hui. Découvrez quelques éléments d’histoire

Quand Noël était fêté le 6 janvier…

Aux IIIème et IVème siècles, l’Orient chrétien fête Noël le 6 janvier, date d’antiques célébrations égyptiennes et grecques ; Nativité et Epiphanie étaient alors confondues. Puis, l’Eglise d’Occident, sous l’impulsion du Pape Liberus, distinguera les deux fêtes et placera la naissance du Christ le 25 décembre pour couvrir les traditions romaines antérieures liées au solstice d’hiver : les saturnales (fête païenne du dieu agraire Saturne).

La vraie date de Noël ?

Saint-Luc évoque, dans son récit de la naissance du Christ, des bergers qui dorment près de leurs troupeaux, ce qui laisse penser que Noël s’est déroulé à l’époque de l’agnelage, au début du printemps…

La crèche de Noël

Le mot crèche vient de l’allemand krippe, mangeoire. On vénérait, à Bethléem, une grotte qui aurait été celle de la Nativité.
Au Moyen Age, des jeux vivants de la Nativité se sont multipliés dans les églises d’Italie.
Au XVIème siècle, les églises évoquaient la Nativité par des représentations moins bruyantes : des statues de bois grandeur nature.

Les origines du Père Noël

Le premier nom du Père Noël apparaît dans un chant d’église d’Adam de la Halle, daté du XIIIème siècle, dans lequel il est fait référence à « Sire Noeus ».

Au début était Jésus, personnage central de la crèche. Les responsables religieux ont dû souvent faire face aux « dérives » populaires qui intronisaient à sa place d’autres personnages :

Saint-Nicolas

L’origine remonte à Myre, dans l’actuelle Turquie, où l’évêque Nicolas est décédé un 6 décembre du IVème siècle, date de sa fête aujourd’hui encore. Ce Saint homme selon les uns aurait fait ressusciter trois garçons découpés en morceau par un méchant boucher, selon les autres aurait pris sous son aile trois jeunes filles promises à l’esclavage par leur père, et qu’il aurait sauvées en leur glissant par la cheminée un véritable trésor en pièces d’or.

Sinter Klaas

Parallèlement, Saint Nicolas demeura entre autres en Hollande, où on le nomme Sinter Klaas, et les émigrants hollandais fondateurs de New-Amsterdam devenue New-York l’emmenèrent avec eux.

Santa Claus

A la sauce américaine, Sinter Klaas devînt Santa Claus. Car on le représenta par l’écrit et l’image, selon différents auteurs, non plus en évêque portant tiare et crosse mais en papi jovial. Bien sûr ce gentil personnage se devait de porter barbe blanche. Au XIXème siècle, il porte alors le long manteau à capuche, un rien religieux, qui lui confère cette grande respectabilité, lui qui ne distribue plus des pièces d’or, mais des jouets aux enfants sages.

Christkindel

L’Enfant Christ ou Christkindel, bien connu dans l’Est de la France, doit son origine à la réforme protestante de la fin du XVIème siècle. Représenté sous les traits d’une jeune fille voilée de blanc, couronnée de lumière, ce personnage incarne la fertilité et annonce le nouveau cycle de la nature. Christkindel passait dans les familles, accompagné de Hans Trapp (père fouettard), pour récompenser les enfants sages de quelques cadeaux, de chocolat, de pains d’épice et d’oranges.

L’arbre de Noël

Les Romains déjà, décoraient les maisons de feuillages, et, lors des fêtes de Jul, les Scandinaves plantaient un sapin devant leurs maisons, pour indiquer la fin des tâches agricoles.
Dès le XVème siècle en Alsace, les Mystères, pièces de théâtre religieuses, aimaient représenter l’arbre de l’Eden avec ses fruits bien rouges. Puis l’Allemagne, l’Europe centrale et nordique en décorèrent villes et maisons.

Les origines de la Bûche de Noël

Cette coutume ancienne remonte peut-être aux feux de joie allumés par les Celtes et les Nordiques pour fêter le solstice d’hiver. On en trouve une trace certaine chez les Germains dès le XIème siècle.

Les cadeaux

Les cadeaux que l’on s’offre à Noël symbolisent tout naturellement les présents offerts à l’Enfant Jésus par les Rois Mages. Jusqu’au XIXème, la coutume était de s’offrir ou de s’échanger des denrées alimentaires ou des objets en bois sculptés. Aujourd’hui, cette coutume est largement reprise en dehors de tout contexte religieux et prend souvent une tournure très commerciale… mais le plaisir d’offrir subsiste, tout comme la joie de se retrouver en famille pour échanger !

En Alsace, les Bredeles sont offerts à la famille, aux amis et aux collègues de travail, le soir de Noël… et dégustés bien sûr tout au long de l’Avent.

Bonnes fêtes à toutes et à tous !